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Première lettre

Première lettre
Photo by Elti Meshau / Unsplash

Ceci est la toute première lettre que je lui ai écrite. Pour vous, lecteur, elle risque d'être un peu cryptique. Vous n'avez pas le contexte (voir A propos pour vous aider un peu) et vous n'avez pas la chronologie précédente. Mais, un peu comme une série qui démarre par la fin, vous pourrez reconstituer la ligne temporelle au fur et à mesure de votre lecture.


Ca fait longtemps que j'ai envie de t'écrire, de te parler ou de te voir, mais c'est trop compliqué pour moi en ce moment. J'ai des envies très contradictoires :D ou plutôt j'ai du mal à discerner ce que j'ai vraiment envie de ce que je crois être obligé de faire je crois. Ca me joue des tours. Mais au moins j'en ai conscience maintenant.

Je crois qu'avec ma psy on est arrivé au bout d'un cycle, ou un truc comme ça. Je crois que j'ai trouvé les réponses aux questions que je me posais. Mais comme toute bonne introspection, cela n'amène que plus d'eau au moulin. J'ai mis, un temps fou, et je sais même pas si j'ai tout à fait réussis d'ailleurs, à reconnaitre les réponses que j'ai eu. Tu sais du genre, c'est pas les réponses que tu attendais alors tu bloques. T'arrives pas à voir que, malgré tout, ce sont les réponses que tu as, et que tu auras. Ca va pas changer. Tu dois l'accepter et faire avec. Avancer, composer avec cela. Honnêtement autant je suis près à avancer autant je ne sais pas vers où la vie va me porter.

Je pars aux USA avec des amis quelques jours. Me vider la tête. Anthony ne viens pas. Il n'arrive pas à se faire à l'idée que j'avance. Je ne sais honnêtement pas dans quel état je vais retrouver l'appartement ou mes affaires à mon retour. On est sensé avoir une date à Berlin de la Sleeze. Il ne veut pas que je viennes avec lui. Mais j'irais quand même. C'est ma soirée, c'est moi qui me fait chier à faire vivre se concept, je vais pas le laisser s'ambiancer tout seul. Je me suis trouver un hotel. Couvrir son cul comme on dit.
Désolé de te parler de lui, je sais que tu n'aimes pas cela et que ca te fais sans doute mal de me lire. Mais je voulais donner des nouvelles. Peut être même que tu va recevoir se mail avec plein d'autres plus tard façon journal parce que finalement j'avais besoin de t'écrire mais je ne voulais pas te faire souffrir à me lire.

Je regarde Les Chroniques de San Francisco en ce moment. L'épisode 7 et 8 m'ont fait tellement pleuré. Mais j'ai aussi pensé à toi. Surtout le 8e. La façon dont tu te comporte avec moi. Cette belle âme que tu as en toi. La façon dont tu sais me toucher. Ce que tu sais réveiller en moi et qui me fait mal quand je repenses à tout cela. Mal de ne plus le ressentir. Et peur. Une peur devenue panique que tout. Tout ceci. Tout ce que tu vois en moi fanes. s'éteigne. se consume et disparaisse à jamais comme ça l'a été avec Antony. Je vais laisser passer les vacances mais c'est mon prochain gros point je pense à voir avec ma psy. C'est pas tant la confiance dans les autres (ça je n'en ai plus depuis longtemps) mais ... l'impossibilité de croire. La perte de la foi. Pas spirituelle. Mais en moi. En ce que les gens voient chez moi. Je vois tout les gens comme des charmeurs aux compliments faciles qui ne me disent cela que pour me mettre au bout de leur bite ou comme des ignorants qui ne savent pas encore à quel point ils vont me faire mal si je les laisse rentrer. Et le pire c'est que je suis sans doute complètement incapable de me protéger.