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Septième Lettre

Quand il te manque tellement ce soir que tu as besoin de savoir qu'il va bien, et que tu t'en fous que ça te fasses mal.


Ce soir j'avais envie de te voir. Je ne sais plus pourquoi. Sans doute un garçon aperçu ici ou là qui m'as rappelé ton visage.

La boule au ventre, je parcoure ton Instagram, bien vide. Je tombe sur un autre compte au pseudo très similaire au tiens qui poste plein de photos en cuir. Sa peau est trop vierge mais je surprends mon esprit révasser à toi avec ses acoutrements. C'est une vision fort délicieuse.

Il m'en faut plus. Je vais sur ton feed facebook, du moins ce que j'en vois puisque tu ne m'as pas bloqué. J'apprends que t'as eu le COVID et que tu t'es fait licencié à cause de la crise économique. Je me dis que ça craint un max. J'écoute quelques chansons que tu partages. Je retombe sur ta bouille, avec ta pornstash. C'est dur de ne pas repenser à tout ce qu'on a vécu et tout ce qu'on aurait pus vivre. C'est dur de retenir quelques larmes.

J'ai acheté quelques oeuvres d'artistes queer récemment, que j'aurais aimé partagé avec toi. J'aimerais te dire où j'en suis. Ce que je fais. Te raconter mon cheminement parmi mes kinks. Mes explorations solitaires.

Je ne sais pas pourquoi je continue à revenir vers toi ainsi. Pourquoi je n'arrives pas à lacher l'affaire et tourner la page. Pourquoi tu me hante toujours autant. J'ai fait un blog où j'ai décidé de poster toute ses lettres. C'est plus sur, d'une façon, que dans ma boite email. Anthony ne va pas tomber dessus par mégarde. Je ne vais pas les envoyer quand je serais faible. Et puis, j'ai peut être le secret espoir que tu tombes dessus, un jour, par pur hasard, et que tu te reconnaisse.